Dermatologie
Dermatologie
Eczema
Psoriasis
Verrues
Psychobiologie
Dermatologie
et hypnose
Il n'y a pas peut-être de marqueur
psychosomatique
plus puissant que la peau. Cette observation se vérifie scientifiquement,
puisque le rapport psyché-soma est ici bien concret :
- Le lien est embryonnaire : la
peau, les nerfs et le cerveau ont la même origine embryologique (tous
proviennent de ce que l'on nomme ectoderme). Dans la troisième semaine
du développement de l'enfant, ces parties vont s'individualiser
: cerveau, , système nerveux, et ce qui reste à l'extérieur
: la peau.
- Le lien est sensoriel : la
peau est le plus sensible de nos organes, emplie de récepteurs sensoriels.
On l'appelle d'ailleurs parfois "cerveau étalé". Elle apparait
avant les autres organes des sens, représente 18% du corps.
- Le lien est multiple et complexe
: la peau entre en connexion avec les autres sens, respire, élimine
et crée un lien dans tout l'organisme, faisant de lui un organisme
sensible. Mais aussi, elle stimule la digestion, la circulation, la procrétation...
A travers de nombreux tissus et de nombreuses fonctions différentes
enchevêtrés, l'observation fait donc apparaitre une structure
à la fois complexe, exitable et protectrice mais aussi sensible
et fragile.
- Le lien est ambigu : la
peau représente à la fois notre système de protection
contre l'extérieur, mais aussi un des instruments pour rentrer en
contact avec le monde extérieur. Double fonction problématique,
dilemne dont souvent naît le trouble.
Etant donné ces nombreux liens,
les atteintes cutanées, dermatoses, auront donc nécessairement
une dimension psychologique (plus ou moins importante selon les cas).
On considère souvent actuellement que 80% des troubles dermatologiques
sont à dominante psychologique. Et plus le psychisme sera en difficulté,
plus la peau et son fonctionnement physiologique seront altérés
eux-aussi.
Eczema
Définition
L'eczema, appelé
également dermatite apparaït sous différentes formes.
Il s'agit d'une inflammation de la peau, s'accompagnant de rougeurs, squames
et de fines vésicules. Des démangeaisons s'associent souvent
à ces phénomènes. L'eczema sous ses différentes
formes représente 1/3 des consultations en dermatologie.
On relève plusisuer formes
d'eczema :
- Eczema atopique : forme
allergique d'eczema, la plus courante. ici c'est le système immunitaire
qui réagit à un allergène.
- Dermatite de contact : apparait
au contact répété avec des irritants.
- Eczema séborrhéique
: souvent dans le cuir chevelu, plaques squameuses, qui peuvent s'étendre
au visage ou à la poitrine.
- Eczema variqueux : touche
les peronnes ayant des varices. Enflures, démangeaisons, peau squameuse.
Psoriasis
Le psoriasis est une affection cutanée
très répandue (6% de la population). Elle se caractérise
par l’apparition de plaques épaisses et rougeâtres,
couvertes de squames argentées. Les régions du corps concernées
vont souvent être les coudes, les genoux, le cuir chevelu, les fesses
ou la région lombaire.
Il y a différentes sortes
de psoriasis.
- Psoriasis vulgaire : forme la
plus courante, avec des plaques comme défini plus haut
- Psoriasis en gouttes : plaques
plus petites, disséminées sur le corps. Souvent avant 20
ans, survenu après une affection ORL disparaissant progressivement
ou évoluant vers une forme plus classique.
- Psoriasis du cuir chevelu : comme
le psoriasis vulgaire, mais centralisé sur le cuir chevelu, les
plaques épaisses entraînent démangeaison, desquamation
sous forme de grosses pellicules, voire saignements.
- Psoriasis nummulaire : plaques
de la taille d’une pièce de monnaie.
- Psoriasis inversé (psoriasis
des plis) : plaques peu squameuses situées dans les plis de la peau.
Causes :
Les causes sont encore méconnues.
Quelques facteurs :
- Hérédité
: 1/3 des personnes souffrant de psoriasis a des antécédents
familiaux.
- Une infection ORL (streptocoque)
peut déclencher un psoriasis, surtout chez l’enfant mais aussi parfois
chez l’adulte.
- Un traumatisme psychologique est
souvent identifié dans la genèse du psoriasis.
- Le psoriasis est à relier
avec un dysfonctionnement ou une baisse du système immunitaire.

Verrue
La verrue est une excroissance pouvant
apparaître à de nombreux endroits du corps (main, coude, genou,
visage, pied et même organes génitaux).
De nombreux virus peuvent être
en cause. On peut dégager simplement qu’il faut une certaine déficience
immunitaire pour développer des verrues. Ainsi, chez des individus
ne possédant pas les anti-corps nécessaires, les verrues
peuvent se transmettre par contact ou en fréquentant certains lieux
tels piscine, douche, … (pour les verrues plantaires notamment). Les personnes
développant de l’eczema ou ayant la peau sèche représentent
une population à risque.
Un déficit immunitaire est
donc en cause, entraînant au moins d’une manière indirecte
l’incidence du stress ou de la fatigue sur l’apparition des verrues. Les
traumatismes, chocs émotionnels, jouent également un rôle
non-négligeable.

Psychobiologie -
Erickson, Rossi
Le terme de psychobiologie correspond
ici aux progrès et découvertes mis en place par l'émergence
de l'hypnose ericksonienne, non aux errements divers que des gourous en
tous genres peuvent mettre en place actuellement.
Au début des années
50, Milton Erickson a réintroduit l'hypnose dans le domaine thérapeutique,
une hypnose ouverte, non-directive. Dans son sillage, l'école de
Palo Alto et quelqu'uns de ses élèves, dont Rossi, ont continué
son travail et générant un renouveau important dans le champ
de la psychosomatique. Rossi effectue un travail considérable dans
ce domaine, aidé des progrès et études de la neurobiologie
(étude des neuro-transmetteurs qui font la liaison corps-esprit).
Depuis peu, la psycho-neuro-immunologie apporte les bases scientifiques
de cette approche, jusque-là essentiellement empirique.
"L'esprit et le corps représentent
deux aspects d'un seul et même système d'information : la
vie" (Rossi)
Sans entrer dans des détails
et termes trop scientifiques, l'élément primordial de ces
avancées est l'information (et son traitement). la psychologie,
la biologie, la physique, la génétique ou toute approche
humaine ont un dénominateur commun : l'information.
"Toutes les formes d'organisation
sur le plan psychologique, physique et biologique, sont en fait des expressions
de l'information et de ses transformations" (Stonier)
La transduction : ce terme
désigne le processus de transformation de l'oganisation de l'information,
ou sa conversion d'une forme à une autre. La transduction est par
exemple le procédé qui transforme la suggestion hypnotique,
la concrétise en un changement. Transformer la parole en acte générateur.
Concrêtement, nous vivons des
événements que nous encodons, nous stockons en les convertissant.
Pour celà, nous utilisons les mollécules messagères
issues de toutes nos cellules. Le corps est considéré comme
un vaste réseau d'information ou tous les systèmes communiquent,
imbriqués les uns dans les autres, en inter-relation (génétique,
immunologique, hormonal...). Cet encodage est stocké dans le système
hypothalamo-limbique du cerveau. Ce système est au centre de la
communication de l'information, schématiquement entre le stress
et les réponses immunitaires. Selon l'état psychologique,
émotionnel du sujet, il peut alors y avoir :
- adaptation au stress : l'information
est traduite, transmise, le sujet s'adapte de manière appropriée.
- non-adaptation : l'information
est arrêtée, ce qui génère le symptôme
psychosomatique.
Une répétition de stress
va entraîner une altération durable des encodages. Le symptôme
psychosomatique est alors stocké de manière erratique comme
LE phénomène d'adaptation. Ainsi, même si le stress
a disparu, la "fausse" réponse d'adaptation, symptôme psychosomatique,
reste et s'installe comme LA réponse.
L'hypnose thérapeutique se
penche sur ces phénomènes de traitement de l'information,
tous ces processus psychobiologiques naturels de transduction de l'information,
de la mémoire, des apprentissages et des comportements en étroite
relation avec l'état émotionnel du moment. Et l'état
hypnotique est un moment privilégié de contact avec ces processus,
moment où affleurent et sont accessibles ces mécanismes complexes
qui convertissent l'information psychologique à un niveau somatique.
Exemples d'études rapport
psyché-soma :
| STRESS
ET IMMUNITÉ
De la physiologie (intégrée)
à la pathologie. Nouvelles voies de recherche
Stress et dermatoses allergiques,
inflammatoires et autoimmunes
F. Berard
(Inserm U 503, Immunologie Clinique
et Allergologie, CHU Lyon-Sud Lyon)
Le stress est identifié depuis
longtemps comme un facteur aggravant de la plupart des maladies inflammatoires
cutanées [1], comme le psoriasis, l'eczéma [2-4], le vitiligo
et la pelade (maladies cutanées fréquentes, couvrant au total
environ 20% de la population générale). Les mécanismes
par lesquels le stress peut provoquer des poussées au cours de ces
maladies - dont nous présentons les principales caractéristiques
illustrées par une iconographie clinique - restent mystérieux
dans la plupart des cas, même si plusieurs travaux in vitro et chez
l'animal montrent que des hormones / neuromédiateurs dont la sécrétion
est associée au stress peuvent modifier la nature de la réponse
immunitaire [5, 6].
Nos travaux sur l'effet du stress
sur la réponse immunitaire reposent sur un modèle murin d'eczéma,
encore appelé hypersensibilité retardée de contact.
Des souris C57/B6 sont sensibilisées par application cutanée
d'une dose optimale d'un haptène (DNFB) sur la peau du ventre et
5 jours plus tard le même haptène est appliqué sur
l'oreille. Les animaux développent alors un eczéma de contact
qui est objectivé par une augmentation de l'épaisseur de
l'oreille qui est maximale à 24/48 heures et se résout en
5 à 7 jours. La réponse est due à l'activation de
lymphocytes T CD8+ spécifiques de DNFB, et est régulée
négativement par des cellules T CD4+ [7, 8]. Si au lieu d'utiliser
une dose optimale de DNFB, on utilise une dose sub-optimale, il n'y a pas
d'eczéma. C'est dans ces conditions de "tolérance au DNFB"
que l'effet d'un stress psychologique est le plus démonstratif.
En effet, l'exposition de l'animal tolérant à un stress psychologique
au moment de l'immunisation à dose sub-optimale de DNFB rétablit
la réponse d'eczéma de contact, dont l'intensité devient
alors comparable à celle développée par des animaux
sensibilisés à doses optimale et non-tolérants. Ainsi
le stress a permis de rompre la tolérance aux haptènes. Les
voies biologiques par lesquelles passent l'effet du stress (augmentation
de l'immunisation, blocage de la régulation) ainsi que les molécules
produites lors du stress et responsables de l'effet de rupture de tolérance
sont en cours d'identification et sont discutées.
|
ADAPTATION
A UNE MALADIE CHRONIQUE
Processus de stress sous-jacent et
adaptation psychologique chez des adolescents atteints d’eczéma
atopique.
C. Salewski, A. Lissner dans Dermatology
and Psychosomatics / Dermatologie und Psychosomatik 2002 ;3:132-138
INTRODUCTION :
Le but de cette étude était de comprendre en profondeur l’interaction
entre les facteurs de tension journaliers, les symptômes de la maladie
et les efforts d’adaptation chez des adolescents atteints d’eczéma
atopique.
PATIENTS et METHODES
: * 25 adolescents tenaient un journal sur une période de 3 mois.
* Ils rapportaient jour après jour chaque survenue de prurit cutané,
la situation précédente et leur réaction. * Nous avons
établi les corrélations croisées entre la survenue
d’épisodes de prurit sévère, le nombre de situations
stressantes et le nombre d’adaptations psychologiques à des problèmes
ou des facteurs émotionnels.
RESULTATS : * Pour l’ensemble
du groupe de patients, le prurit était corrélé à
un nombre important de situations stressantes dans les deux jours précédants
et un jour après le prurit. * Le prurit était aussi corrélé
à des efforts d’adaptation à des problèmes dans les
jours précédents. * Ainsi, la sévérité
du prurit et l’adaptation à des problèmes permettaient de
prédire les situations stressantes.
CONCLUSIONS : * Un ensemble
complexe de corrélations entre les situations stressantes, le prurit
et différentes sortes d’adaptation peut être identifié.
* Le rôle de l’adaptation aux problèmes mérite plus
d’attention. * Le grattage est le principal problème d’adaptation,
mais il amène encore plus de stress sur une longue évolution.
* Les adolescents atteints d’eczéma atopique pourraient être
instruits plus efficacement des adaptations psychologiques aux problèmes
et aux émotions.
|

Dermatologie et
hypnose
Physiomimétique
Un des éléments fondateurs
de la réussite de l’hypnose dans le domaine dermatologique est la
physiomimétique. L’idée part d’une observation scientifique
: notre mental induit des modifications biologiques, à travers les
neuro-transmetteurs, dans notre corps, via notre cerveau automatique (l’hypothalamus).
Ainsi par exemple, imaginer une blessure infectée stimule
le système immunitaire. L’expérience reproduisant une brûlure
de cigarette par simple suggestion de celle-ci est bien connue… En hypnose
thérapeutique, on utilise simplement cette ressource de l’être
humain. S’ajoute à cela le fait que notre cerveau ne fait aucune
différence entre vécu et imaginé. Les mêmes
cellules sont utilisées dans les deux cas (il est par exemple difficile
de différencier l’électro-encéphalogramme de quelqu’un
qui conduit une voiture de électro-encéphalogramme de quelqu’un
qui rêve qu’il conduit une voiture). Le corps réagit donc
vivement et réellement à une visualisation correctement menée.
Par visualisation, on entend une activation en imagination d’un maximum
de canaux sensoriels, la plus proche de la réalité.
Psychosomatique/Psycho-biologie
Le paragraphe traitant de psychobiologie
témoigne du rapport étroit psyche-soma, dans une globalité
ou l’information prédomine. La manifestation somatique est une transduction,
une conversion d’une information originellement psychologique. Bien sur
tout ce processus se fait inconsciemment. Les techniques de recadrage en
hypnose visent à accéder à ces systèmes inconscients,
différents systèmes de mémoire, d'apprentissage et
de comportements liés à l'état. On aborde ainsi l'encodage
des symptômes, les problèmes mais aussi un reservoir inconscient
de solutions. On peut ainsi mettre en place d’autres stratégies
que le processus inconscient de somatisation, d'autes solutions plus adaptées
et écologiques.
Système immunitaire
L'activation du système immunitaire
sous hypnose est également un phénomène important.
Des expériences (Gould et Tissier 1984) ont montré par exemple,
qu’avec un travail en hypnose, les sujets « pouvaient grandement
diminuer ou augmenter le nombre de neutrophiles (62% des globules blanc,
immunité innée) en circulation dans leur flux sanguin. C'est
là également un élément essentiel dans le cas
des verrues notamment. Hypnose et verrues : 1992 (1) -
États-Unis, 41 patients soignés pour des verrues. 80% furent
guéris par des suggestions sous hypnose. Ce fut une réussite
complète pour les enfants d'âge pré pubère.
33 patients connurent une rémission complète et durable.
1. Ewin DM. Hypnotherapy for
warts (verruca vulgaris): 41 consecutive cases with 33 cures.Am J Clin
Hypn, 1992 Jul;35(1):1-10.
Hypnose/sophrologie/relaxation
Les travaux sur l’influence du stress
sur le corps ne manquent pas. Les techniques psycho-corporelles apportent
également un équilibre non négligeable. A un stade
de stress ou le contrôle échappe, où il y a déséquilibre,
les processus de relaxation et hypnotiques viennent installer une homeostasie,
une stabilité psychologique et physiologique. Cet équilibre
est encodé, stocké dans une partie non-consciente. L’état
de conscience modifié permet d’accéder à ces information
et de facilité une re-programmation physiologique et psychologique
adaptée.
ARTICLE
EN COURS DE REDACTION
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