Migraine
Différents
types de migraines
La migraine
est divisée en deux sous-groupes : migraine sans aura et migraine
avec aura :
Les migraines
sans aura
Le diagnostic
de migraine sans aura est retenu lorsqu'il y a eu au moins cinq épisodes
de céphalées :
Ayant duré
de 4 à 72 heures (en l'absence de traitement efficace) ;
Ayant au moins
deux des caractéristiques suivantes :
- Unilatérale
- Pulsatile
- D'intensité
modérée ou sévère (empêchant ou gênant
les activités habituelles)
- Aggravées
par les efforts physiques.
S'accompagnant
d‘au moins un des symptômes suivants :
- Nausées
ou vomissements ;
- Intolérance
à la lumière (photophobie) et au bruit (phonophobie).
- En l'absence
de maladie organique pouvant expliquer les céphalées.
Les migraines
avec aura
Les auras :
- manifestations
visuelles, tels que des scintillements ou des stries lumineuses.
- sensations
de picotements ou de difficultés à parler, qui durent quelques
minutes.
Le diagnostic
de migraine avec aura est posé, lorsqu'il y a eu au moins deux crises
remplissant au moins trois des quatre caractéristiques suivantes
:
- Un ou plusieurs
symptômes d'aura totalement régressifs, indiquant une dysfonction
cérébrale focale
- Au moins
un symptôme d'aura apparaissant progressivement sur plus de 4 minutes
ou au moins deux symptômes successifs
- Aucun symptôme
d'aura persistant plus de 60 minutes
- Maux de
tête apparaissant dans l'heure qui suit l‘apparition des symptômes
d'aura
- En l'absence
de maladies organiques pouvant expliquer les céphalées
Pour résumer,
la probabilité de migraine est forte, si il y a des maux de tête
répétés, suffisamment intenses pour empêcher
les activités
quotidiennes,
crises parfois accentuées de nausées et vomissements ou précédées
d'une aura visuelle.

Signes
La migraine
dans 30% des cas se caractérise par des signes annonciateurs :
- Hyperactivité
ou le contraire.
- Etat à
tendance dépressive
- Trouble
de l’humeur
- Sensation
de contrainte, de fatigue
- Crise de
bâillement
- Besoin impérieux
d’un certain type de nourriture (voire crise de boulimie)
Une des traits
particulier est donc la modification de l’humeur et de l’énergie,
dans un sens ou dans l’autre.

Associations
/ confusions
La céphalée
de tension
Bien souvent
la migraine est associée à un autre phénomène,
du type céphalées de tension (dans 83% des cas, d'après
Rasmussen / Danemark).
Les céphalées
de tension, bilatérales, diffuses et d'intensité moyenne,
n'empêchent pas les activités habituelles et ne s'accompagnent
pas de
nausées
et de vomissements.
Quelques éléments
:
- Serrement
des mâchoires, un dysfonctionnement de la région maxillaire
(grincement de dent, …)
- Stress psycho-sociaux
- Anxiété,
stress, ou l’obsession elle-même de la céphalée.
- Dimension
musculaire : mauvaises habitudes, mauvaises positions…
La céphalée
d’origine médicamenteuse
Ces céphalées
sont dues à un abus de médicaments anti-douleur, tranquilisants
qui peut entraîner une chronicisation, avec un mal de tête
diffus et
persistant,
différent des crises de départ. On peut parler ici de cercle
vicieux.
Les algies
vasculaires de la face
- douleurs
unilatérales extrêmement violentes (région orbitaire
ou de la tempe)
- souvent
accompagnées d'un larmoiement et d'un écoulement nasal. Ces
crises se reproduisent souvent chaque jour pendant plusieurs semaines.
Ces différents
types de céphalées peuvent tout à fait être
associés à la migraine, précédant l’installation
de celle-ci, ou consécutives.

Enfant, relaxation,
hypnose et migraine
Quelques ressources dans le cadre
de la migraine :
Relaxation
La relaxation a pour effet général
de réduire l’intensité de la douleur quelle que soit son
origine et d’engendrer un apaisement. Simultanément, elle agit sur
certaines causes de la douleur comme par exemple l’état de tension
excessif musculaire ou anxieux. Elle apporte de plus un sentiment de sécurité,
puisque l’enfant apprend à maîtriser lui-même l’outil
et possède ainsi un moyen d’agir sur la migraine. Cette pratique,
ce développement des sensations permet également un éveil
de l’enfant à lui-même, une prise de conscience des stress
et des déclencheurs de crise, de la fatigue…
Hypnose et enfant
L’Hypnose est un état modifié
de conscience, différent de l’état de conscience ordinaire,
dans lequel l’enfant va puiser les ressources dont il dispose inconsciemment.
L’enfant présente des qualités
naturelles pour la pratique de l’hypnose. Il connaît spontanément
cet état de déconnexion, de rêverie. Il est donc un
sujet de choix pour l’hypnose, apprend plus vite dans ce domaine que l’adulte.
De plus, les enfants sont en général
attirés par cette discipline, mystérieuse et sans douleur.
Présentation de l’hypnose
aux enfants
Pour les enfants, l’hypnose est
analogue à imaginer, rêver ou faire semblant. L’hypnose peut
donc leur être présentée comme quelque-chose qu’ils
savent déjà faire, une compétence qu’ils possèdent
déjà sans le savoir.
L’inconscient peut être présenté
aux enfants, dans la définition ericksonienne, comme ce qui n’est
pas conscient, ce dont on n’a pas à s’occuper et qui fonctionne
tout seul en temps normal (comme la poussée des cheveux ou les battements
de cœur). Le terme « inconscient », obscur, trouvera
une autre dénomination (« ange gardien », « esprit
intérieur », « guide intérieur »…).
La relation avec l’enfant
La relation est typique du modèle
eriksonien. L’enfant est le créateur de son changement, il possède
en lui les ressources, le thérapeute doit nécessairement
adopter un « profil bas », pour que l’enfant en vienne à
utiliser ses compétences naturelles. Si il est en contact avec un
adulte tout puissant, il ne sollicitera pas ses ressources.
La stratégie en hypnose avec
les enfants est non directive. On lui donne la possibilité de changer,
mais c’est lui qui décide, qui fait des choix. L’enfant doit avoir
le sentiment de contrôler la situation. Les suggestions vont être
ouvertes et permissives.
Hypnose et douleur
L’hypno-analgésie diminue
la composante affective de la douleur (l’émotion désagréable)
de 80% et sa composante sensorielle de 45% (Price et Barber). Ces mécanismes
commencent à être partiellement expliqués (Neuro-psycho-immunologie…).
On connaît un peu mieux maintenant comment le cerveau limbique («
pensant ») transforme les émotions, les pensées en
ordres biologiques vers le cerveau végétatif (hypothalamus)
Cette transmission se fait par les neurotransmetteurs. Cette transformation
de l’activité psychique en messages biologiques se nomme transduction.
Par exemple, si j’apprends une mauvaise nouvelle, je vais pâlir (les
vaisseaux de mon visage subissent une vaso-constriction). Ainsi, l’hypnose
génère des émotions qui se répercutent ensuite
sur le corps.
Hypnose et migraine
Le néophyte ne connaît
souvent de l’hypnose qu’une image standardisée, ou le patient est
en transe et le thérapeute produit des suggestions plus ou moins
directes. La réalité de l’hypnose ericksonienne est toute
autre. L’hypnose est un mode de relation, avec transe ou sans transe (officielle).
Dans le domaine de la douleur et de la migraine en particulier, le dialogue
thérapeutique est prépondérant. Un entretien efficace
produit déjà un effet direct ou indirect sur la douleur.
Manipulation conversationnelle de
la douleur : la douleur est subjective, peut donc être modifiée
dans sa perception. Un enfant migraineux va par exemple se plaindre de
crises répétées. S’il y a crise, il y a donc aussi
des moments où il n’a pas mal, moments qu’il ne repère plus,
ou mal. Il y a aussi un nombre important d’endroits où l’enfant
n’a jamais mal, mais qu’il ne traite pas avec la même attention.
Un entretien bien mené permet de fractionner la douleur.
De même, on peut explorer
les moments où cela va bien (qui sont en général plus
importants en temps que les moments de crise), et demander à l’enfant,
comment il fait dans ces moments pour ne pas avoir mal. On met en place
des repères concrets de bien-être, critères et, même
si l’enfant ne sait pas exactement comment il fait, ce questionnement fait
naître en lui l’idée de contrôle, l’idée que
c’est lui, consciemment ou non qui peut influer sur son bien-être.
Il devient acteur.
Dissociation
La dissociation est un outil également
important : mettre la douleur à distance. Ainsi, dans le discours,
« tes maux de tête » deviennent « la migraine ».
La migraine devient externe, on la dissocie du sujet. Il est beaucoup plus
facile de changer quelque-chose d’extérieur à soi plutôt
que quelque-chose dont on considère qu’elle fait partie de soi.
Le dialogue thérapeutique doit générer cette distanciation.
De nombreuses stratégies de dissociation peuvent se mettre en place
à partir de la représentation de l’enfant. La douleur, quelle
taille a-t-elle, quelle forme, quelle épaisseur, … Comment se la
représente-t-il ? Là aussi on dissocie, on met à distance
et en imagination, on travaille l’objet douleur, sa représentation.
Ex :
« - Ca me serre
- Ca te serre ?
- Comme un étau
- Tu connais les étaux ?
- Oui, mon grand-père en
a un
- Fais comme si l’étau, tu
le prenais et tu le posais devant toi (dissociation)
- D’accord
- Comment est-il ?
- Il est bleu, il a des grosses
griffes et un levier.
- Un levier pour serrer ou deserrer
?
- Oui
- Tu peux essayer de deserrer ?
- Oui
- Comment c’est
- Il fait moins peur mais un peu
quand même
- Qu’est ce qui fait peur ?
- Les grosses griffes
- Des griffes
- Comme un loup. Je veux qu’il disparaisse.
- Comment elles sont attachées,
les grosses griffes ?
- Avec des vis
- Formidable ! prends un tournevis,
et dévisse-les.
- …
- Démonte-le complètement
- Il n’y a plus que des bouts.
- Comment fait-on disparaître
des bouts qui ne servent à rien ?
- On les jette
- Alors imagine une poubelle en
fer, et à chaque fois que tu jettes un bout, ça fait «
kling » dans la poubelle, prends ton temps, c’est toi qui décides,
profites de ce moment. »
Ce type de visualisaton-dissociation
peut être reproduit par l’enfant en dehors des consultations, renforçant
le sentiment de contrôle sur la crise migraineuse.
Visualisation
Les processus de visualisation sont
fréquemment utilisés en hypnose et relaxation. Il s’agit
ici d’un processus nommé physiomimétique (provoquer des sensations
et des modifications organiques). La visualisation peut être métaphorique,
en fonction de la représentation par l’enfant de sa migraine, mais
elle peut également s’inscrire dans un processus qu’on nomme psychobiologique.
Après avoir expliqué,
schéma à l’appui si nécessaire, ce qu’était
la vascularisation sanguine, on demande à l’enfant de se représenter
sa tête, et le vaste réseau sanguin. Et là, observer
une circulation sanguine qui se fait de manière fluide et régulière,
quelques soient les circonstances.
Recadrage inconscient / Traitement
« psychosomatique »
Cette technique apporte de nombreux
résultats dans le champ de la psychosomatique. L’enfant installé
en état modifié de conscience, on demande à la partie
inconsciente « responsable » des crises migraineuses de construire
d’autres solutions, respectant l’équilibre de l’individu mais adaptées
au bien-être. On dialogue même si nécessaire avec cette
« partie à l’origine des migraines ».
Substitution sensorielle
Sous hypnose, l’enfant apprend à
remplacer une sensation par une autre, à provoquer telle ou telle
sensation (fraîcheur de la tête, analgésie…). Là
encore, c’est une compétence personnelle qu’il peut développer.
Régression
Il parait également intéressant
de faire régresser, d’un point de vue physiologique le sujet à
une époque où il ne faisait pas de migraine, afin de stocker
les informations de l’époque correspondant au bien-être.
Bref, les outils sont nombreux et
permettent de résoudre ou d’améliorer de manière importante
les phénomènes migraineux chez l’enfant.
Evaluation hypnose
et relaxation dans la migraine de l'enfant
Efficacité de la relaxation et l'hypnose en traitement
de fond chez l'enfant migraineux
Etude randomisée
contrôlée
Centre
de la migraine de l’enfant
Hôpital
d’enfants Armand Trousseau -75012 Paris
D. Annequin,
I. Celestin Lhopiteau, R. Amouroux, B. Tourniaire, A. Tonnelli
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Cette
étude porte sur l'utilisation séparée des deux approches,
non sur l'utilisation conjointe qui correspond à ma pratique décrite
sur ce site, mais constitue en elle-même une information intéressante
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Méthode
38 enfants
âgés de 6 à 15 ans (11.9 ± 2.4).
Présentant
au moins 3 crises mensuelles de migraine (IHS).
Chaque
enfant bénéficie du même traitement de crise médicamenteux
(AINS).
Trois
groupes ont été tirés au sort :
groupe
contrôle (pas de traitement de fond),
-
groupe relaxation
(12 sessions sur une période de 3 mois),
-
groupe hypnose
(12 sessions sur une période de 3 mois).
Durant six
mois, lors de chaque crise, l’enfant notait :
l’intensité
douloureuse (0 -10),
-
la durée
de la crise.
Résultats
On a
observé une amélioration significative chez les enfants bénéficiant
de relaxation ou d’hypnose :
diminution
d’au moins 50 % du nombre de crise,
-
diminution
de l’intensité des crises,
-
action plus
rapide des médicaments de crise.
L’effet observé
est prolongé puisqu’il est retrouvé 3 mois après l’arrêt
des séances d’apprentissage de la relaxation ou de l’hypnose.
Nombre
de crises par mois
Pourcentage
de crises dont l’intensité diminue d’au moins 50 %, une heure après
le traitement de crise
CONCLUSION
L’apprentissage
de l’hypnose et de la relaxation représente un traitement de fond
très efficace de la migraine de l’enfant.
Cette
étude a reçu le soutien de la Direction Générale
de la Santé et de la Fondation de France.
ARTICLE
EN COURS DE REDACTION
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