Phobie spécifique


I. Aperçu Définition DSMIV
Définition Les plus fréquentes
Classification des phobies Les moins prises en charge
Trois composants essentiels Mise en place
II) Phobies spécifiques III) Quelques phobies fréquentes
II) Phobies spécifiques Peur du dentiste ou stomatophobie

I. APERCU

Définition

« Peur irraisonnée et obsédante relative à certains objets ou à certaines situations. » (Larrousse Psychologie) 
Il faut préciser que la phobie est réactionnelle. Le terme « obsédant », relatif à une préoccupation intérieure, relevant plus des troubles obsessionnels compulsifs. 


Classification des phobies (selon la source américaine) 

L’agoraphobie : elle se caractérise essentiellement par la peur irrationnelle de s’éloigner d’un lieu familier et conséquemment de faire un malaise dans un lieux public. Le trouble panique (crises d’angoisse) accompagne généralement l’agoraphobie. 
Nous le verrons, la phobie génère le phénomène d’évitement, seul moyen de se soustraire à une situation anxiogène. Ici, l’évitement entraîne un handicap certain : la faible autonomie du sujet. 

Les phobies sociales :  crainte irrationnelle d’être jugé ou observé par un autre, de donner le spectacle d’un comportement inadapté, voire honteux, de révéler cette tendance anxieuse. 
La notion d’évitement est là encore handicapante : altération plus ou moins conséquente des rapports sociaux. 

Les phobies simples ou spécifiques : elles regroupent 
les phobies situationnelles (avion, voiture, bateau, tunnels, ponts, …) 
les phobies des animaux (chiens, insectes, …) 
les phobies du sang, des blessure et interventions médicales  (piqûres, dentiste, coupures…) 
et bien d’autres encore … 

L’évitement, bien que plus aisé, ne garantit pas une vie plus normale. L’envahissement psychique n’en est pas moins important. 

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Trois composants essentiels du trouble phobique

La manifestation phobique, qu’elle soit du domaine de l’anxiété, de l’angoisse, de la panique ou de la peur est tripartite : 

- dimension corporelle : réaction du corps face à la situation anxiogène (troubles neurovégétatifs, …) 

- dimension cognitive : ce que le sujet pense au contact et en dehors de la situation anxiogène elle-même : auto-verbalisations, cinéma intérieur, représentations mentales, croyances, …) 

- dimension comportementale : comment le sujet réagit (évitement, fuite, inhibition, rituels, vérification, obsessions, …) 

Ces trois dimensions constitueront la colonne vertébrale d’une prise en charge psychothérapeutique. 

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II. PHOBIES SPECIFIQUES 


Phobie spécifique (ou phobie simple ou phobie limitée) – définition DSMIV

1. Peur persistante et intense à caractère irraisonné, déclenchée par la présence ou l’anticipation de la confrontation à un objet ou une situation spécifique. 
2. L’exposition au stimulus générateur d’angoisse provoque de façon quasi systématique une réaction anxieuse immédiate qui prendre la forme d’une attaque de panique liée à la situation ou facilitée par la situation. 
3. Le sujet reconnaît le caractère excessif ou irrationnel de la peur. 
4. La (les) situation(s) génératrice(s) de peur est (sont) évitée(s) ou vécue(s) avec une anxiété ou une détresse intense. 
5. L’évitement, l’anticipation anxieuse ou la souffrance dans la (les) situation(s) redoutée(s) perturbent, de façon importante les habitudes de l’individu, ses activités ou ses relations avec autrui. 
6. Chez les individus de moins de 18 ans, la durée est d’au moins 6 mois. 
7. L’anxiété, les attaques de panique ou l’évitement phobique associé à l’objet ou à la situation spécifique ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental. 

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Les phobies spécifiques sont les plus fréquentes

Le tableau suivant (Bourdon / Journal of anxiety disorders, 1988, 2, 227-241) reprend les principales phobies et leur rang chez les hommes et les femmes. Parmi ses phobies les plus courantes, les phobies simples sont les plus fréquentes : les phobies spécifiques concernent 6 à 7% de la population 
 

Femmes
Hommes
Phobies
Type
1
2
Insectes, souris, serpent Phobie simple
2
1
Hauteurs Phobie simple
3
5
Transports en commun Agoraphobie
4
6
Etre dans l’eau Phobie simple
5
11
Orages Phobie simple
6
3
Etre dans la foule Agoraphobie
7
4
Autres peurs Phobie simple
8
8
Claustrophobie Phobie simple
9
10
Tunnel et ponts Agoraphobie
10
9
Parler en public à des gens connus Phobie sociale
11
14
Sortir dehors seul Agoraphobie
12
13
Rester seul Agoraphobie
13
15
Rester près d’un animal dangereux ou non mais qui ne peut vous atteindre Phobie simple
14
7
Parler à des gens inconnus Phobie sociale
15
12
Manger avec des gens connus ou en public Phobie simple Phobie sociale

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Les phobies spécifiques sont les moins prises en charge

En matière d’anxiété, c’est le handicap qui crée le trouble et la nécessité de consulter un spécialiste. Le handicap naît essentiellement du degré d’anxiété et de l’importance de l’évitement. 
Les phobies spécifiques ne provoquent pas forcément un gros handicap. : les phobies spécifiques les plus courantes (animaux par exemple), peuvent être vécues sans de lourds handicap. Ce n’est que quand l’individu ne peut sortir de chez lui (de peur de rencontrer tel ou tel animal par exemple), qu’il en vient à consulter un spécialiste. 

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Mise en place

Plusieurs éléments interviennent, en inter-relation. 

Observation de modèles sociaux 

Le contexte familial peut jouer un rôle important dans la mise en place d’une phobie. L’enfant apprend un grand nombre de comportements auprès de ses parents. Il en est de même pour les phobies. Si un enfant voit un de ses parents avoir une réponse inadaptée devant tel ou tel objet phobogène, il aura tendance à reproduire ce comportement au contact du même objet. 

Le comportement mais aussi le discours verbal ou non verbal  a son importance. Les commentaires (« fais attention tu vas te noyer »), les anecdotes (« telle personne qui s’est fait mordre ») ou les simples réactions du visage (masque d’horreur face à une souris) sont autant d’apprentissages pour l’enfant. 

Bref, le modèle donné par les parents est dysfonctionnel, la phobie et son comportement-clé, l’évitement, sont appris. La possibilité de transmission parentale multiplie par trois le risque de phobie chez l’enfant. 

En dehors de la phobie spécifique, un milieu familial anxieux est le terrain « idéal » à l’ancrage de peurs. Stress chronique, atmosphère anxieuse diffuse, comportements d’évitement, sont le « terreau » du développement d’une phobie. 

Conditionnement – contexte environnemental 

La phobie spécifique trouve également son origine dans une expérience désagréable, un traumatisme (ex : « être mordu par un chien », « accident de voiture », …). Ce modèle est le plus spécifique, mais : 
- Le nombre de phobies dues à un choc n’est pas si nombreux 
- Le même choc peut laisser quelqu’un indemne, quelqu’un d’autre avec une phobie mise en place. 
Le conditionnement, bien que fréquent, n’est pas forcément une explication en soi. D’autres facteurs font naitre la phobie, ou du moins la facilite. 

Part d’inné 

L’apparition d’une phobie est également due à notre appartenance à l’espèce humaine  : les phobies spécifiques sont pour la plupart en rapport avec un instinct ancestral de survie de l’espèce (animaux-prédateurs…., obscurité, hauteurs, lieux inconnus….). Ces peurs ont été justifiées à un moment ou à un autre de l’histoire de l’Homme, favorisant l’adaptation de l’Homme à son environnement. On peut parler ici de génétique : face à une situation, un comportement automatique de survie refait surface, entraînant émotion intense et évitement. D’où l’irrationalité de la phobie. 
Les schémas de danger sont donc transmis génétiquement. Ce sont les contextes (familiaux et environnementaux) qui faciliteront l’émergence de ce schéma, dysfonctionnel, car anachronique donc inadapté. 
 

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III. QUELQUES PHOBIES FREQUENTES


La peur du dentiste ou stomatophobie

Présentation
Pouvant aller jusqu’à la crise de panique, la phobie du dentiste est fréquente. Comme toute phobie, elle crée un phénomène nommé évitement et peut donc entraîner en plus du mal-être psychologique, une altération conséquente de la santé dentaire. La stomatophobie englobe souvent des peurs variées : peur du sang, de la piqure, de vomir, de l’odeur des cabinet, … Les stimuli sensorieles (visuels, olfactif, toucher, auditif…) sont donc nombreux, multipliant les risques d’appréhension. 

Causes
Les causes de cette phobie sont souvent multifactorielles : traumatiques (un dentiste maladroit voire sadique), un environnement familial anxieux… 

Thérapies
Les thérapies comportementales se consacrent à la phobie spécifique, mais la combinaison relaxation-hypnose est de loin la plus rapide et efficace. Dans le travail de la peur ou de la phobie de bégayer, l'interprétation pourrait être celle-ci : le but est de classer le «dossier dentiste». Le sujet a vécu un traumatisme (telle ou telle séance chez le dentiste), dont l’importance ne lui a pas permis de développer les ressources pour lâcher-prise, mettre à distance l’événement. Pour illustrer cela, une personne qui a eu un accident de voiture, si elle a la capacité de mettre « entre parenthèse » le dit accident, n’a pas peur d’un nouvel accident en remontant dans une voiture. L'accident est arrivé, mais il est comme lointain. Il n'est plus pregnant. On en est dissocié (et non associé). 

Sous hypnose, on va donc opérer cet « archivage ». Il ne s’agit pas d’effacer cette période mais de la mettre à distance, comme un mauvais souvenir, mais sans pont direct vers le présent). La plupart des personnes ayant vécu un événement ou une période traumatisante ont beaucoup de mal en la racontant à aller jusqu’à la fin. L’affaire n’est pas classée, ils sont encore « dedans ». Les techniques hypnotiques actuelles, comme la double dissociation, permettent un lâcher-prise souvent immédiat et sans douleur (il ne s'agit pas de revivre la période consciemment). 

Sophrologie et relaxation, complémentaires, permettent de créer une désensibilisation à la peur. L’état de relâchement est associé à la scène anxiogène, vécue ainsi  de manière différente, avec le recul et le relâchement nécessaire. Les techniques bénéficient entre autres du fait que le système nerveux ne fait pas de différence entre réel et imaginé. Cette compétence permet de se préparer à une situation, sans douleur ou appréhension, en toute sécurité. 
 

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