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SURPOIDS - OBESITE
Les normes médicales En préambule, voici un tableau qui présente des considérations générales sur le rapport poids-taille, venant entre autre relativiser certaines exigences et autres stéréotypes fréquents :
Réflexion et chiffres w Le pourcentage des personnes en surpoids est de 40%, celui des personnes souffrant d’obésité de 10%. w 18% de surpoids chez l’enfant et 3% d’obésité w Toutes les tranches d’age sont concernées par cette augmentation. w Ces différents chiffres font employer le terme d’ «épidémie mondiale » à l’Organisation Mondiale pour la Santé (1,7 milliard de personnes en 2003) w 60% des décès sont dus à des maladies chroniques qui présentent un lien avec l’obésité. w Les chiffres sont plus importants dans le sud que dans le nord. A
noter que l’obésité modérée ne pose pas nécessairement
de problèmes de santé. La santé est à prendre
en considération en cas :
w
de problèmes de santé directement directement mis en relation
avec le surpoids (diabète, problèmes cardiaque, problèmes
artériels, difficultés respiratoires, problème aux
grosses articulations ou à la colonne vertébrale) .
w
d’examens biologiques anormaux directement mis en relation avec le surpoids
: glycémie, cholestérol, acide urique ou tension artérielle
trop élevée.
L’expérience
montre que de nombreuses personnes se situant entre poids normal et obésité
modérée, c’est-à-dire dans la normale médicale,
prennent un risque essentiel : mettre en place un régime inadapté,
sombrer dans le phénomène yoyo pour terminer… en surpoids.
De nombreuses personnes en surpoids ont commencé leur soucis alimentaires
par un « petit régime pour perdre 3 ou 4 kilos ».
D’après
l’Enquête nationale ObEpi 2003
Obésité et causes w Facteurs génétiques et héréditaires : les gênes ne font pas prendre du poids mais facilitent une prédisposition. Le poids d'une personne est liée à 80% à ses parents naturels. le patrimoine génétique concerne différents facteurs qui interviennent dans la prise de poids (ou non) : métabolisme, capacité à fabriquer des graisses et à les stocker, seuil de satiété, appétit... Mais présenter une prédisposition ne veut pas dire que la minceur est objectif illusoire. Il s'agit simplement d'adapter son alimentation à son patrimoine. w Facteurs environnementaux : le contexte, familial, social, intimement lié à la génétique intervient de manière conséquente dans l'obésité. Autant par l'exemple d'une alimentation inadaptée que par la démarche inverse : restriction cognitive, hypervigilance voire régime imposés par un environnement sensibilisé au problème, qui provoquera à moyen terme l'effet inverse et la prise de poids (contrôle - perte de contrôle). w Problèmes de santé : traitements médicamenteux, maladies endocriniennes peuvent être à l'origine d'une prise depoids. w Troubles alimentaires : au moins la moitié des obésités sont la résultante de troubles alimentaires, hyperphagiques (boulimie sans stratégies compensatoires).
Obésité et conséquences w Maladies du cœur : une personne souffrant d’obésité présente 6 fois plus de risque d’un problème cardiaque. w Hypertension artérielle : l’hypertension artérielle est plus fréquente chez les personnes obèses. w Taux élevé de cholestérol dans le sang : taux qui prédispose à un problème cardiaque ou une pathologie des vaisseaux sanguins. w Diabète de type 2 : une personne souffrant d’obésité a 10 fois plus de risque de développer un diabète de type 2 (aux Etats-Unis, le dibète de type 2 est la troisième cause de décès. w L’apnée du sommeil : l’apnée du sommeil est fréquente chez des personnes souffrant d’obésité. Cela peut entrainer fatigue, baisse de l’attention mais aussi des soucis cardiaques. w Insuffisance respiratoire : toute activité demandant plus d’oxygène, la gêne respiratoire peut être importante, altérant l’activité du sujet. w Maladie de la vésicule biliaire : la maladie de la vésicule biliaire est plus fréquente chez les personnes obèses, en partie en raison des multiples régimes. w Incontinence à l'effort : comme dans certaines grossesses, l’abdomen volumineux peut entraîner une incontinence occasionnelle (en toussant, éternuant, riant…) w Usure prématurée de la colonne vertébrale : arthrite, hernie, sciatique peuvent être une conséquence de l’obésité. w Usure de certaines articulations : usure au niveau des hanches, genoux, chevilles et des pieds qui doivent supporter la plus grande partie du poids du corps. w
Stase veineuse :
le poids peut provoquer œdème et fragilisation de la peau dans les
veines de la jambe
Motivations à perdre du poids Voici quelques exemples de motivations officielles et conscientes w La santé Les
statistiques médicales décrivent l’obésité
massive comme dangereuse. La santé constitue donc une motivation
légitime et utile à la perte de poids. Ceci est par contre
vrai, s’il s’agit d’une perte de poids définitive. Car une alternance
répétitive de perte/prise de poids nuit généralement
plus à la santé qu’une obésité stable.
w
La forme physique, le bien-être
Perdre
du poids participe effectivement à la santé physique et au
bien-être. C’est également une motivation importante, étant
entendu que la forme physique dépend entre autres également
de la tonicité musculaire et que le bien-être est en
fait un phénomène mutli-factoriel.
w
Améliorer son image auprès des autres
Il
s’agit d’une motivation fréquente est fondée là encore.
Mais perdre du poids ne suffit pas nécessairement devenir beau,
séduisant ou attirant. D’autres évolutions (autant musculaires
que psychologiques) sont nécessaires.
w
Améliorer l’image et l’estime de soi
Poids
et mésestime de soi sont souvent mis en relation. Une perte de poids
peut effectivement apporter un sentiment ou une période de réassurance,
une augmentation hélas souvent temporaire de la confiance en soi.
Mais la seule perte de poids constitue un miroir aux alouettes. Une évolution
psychologique parallèle est nécessaire pour un résultat
durable.
Ces
quelques exemples de motivation sont fondés et peuvent constituer
des objectifs. Mais, comme le démontrent l’importance et la quantité
des problèmes de poids, ils ne se suffisent que rarement à
eux-mêmes. L’approche psychologique de la perte de poids trouve là
son utilité et son importance : elle permet d’établir les
fondements d’un changement adapté, écologique (respectant
l’équilibre de l’individu) et durable.
Quelques exemples de motivations officieuses et souvent inconscientes : w
Le régime anxiolitique :
faire un régime, c’est contrôler. Quand un sujet perd le contrôle
dans différents registres de sa vie. Le régime permet de
réintroduire l’idée de contrôle : dans tout ce chaos,
je contrôle enfin quelque chose (mon alimentation et mon poids).
Mais ceci constitue ce qu’on appelle illusion de contrôle (l’anorexie
peut d’ailleurs dans certains cas constituer le paroxysme de ce phénomène).
w
Le régime anti-dépresseur :
le régime peut tout à fait constituer une occasion de se
montrer qu’on est capable de quelque chose, d’avoir un objectif et de l’atteindre.
La personne qui se considère comme une incapable trouve une occasion
de se sentir compétente. Un régime peut constituer également
une opportunité de s’occuper, de tromper ennui ou inertie.
Ainsi,
anxiété ou déprime, de nombreuses personnes font un
régime… quand elles se sentent mal. Ce qui ne laisse guère
présager d’espoir quand à la réussite du régime
ou à l’amélioration du bien-être psychologique.
Un exemple de cercle vicieux Des phénomènes cognitifs viennent installer le sujet dans différents cercles vicieux, venant accentuer encore la difficulté. Les postulats, schémas et croyances en matière de perte de poids et de régime sont nombreux. Parmi eux, la restriction cognitive, phénomène social et courant, consiste à se nourrir en fonction de règles plus ou moins exigeantes … On ne mange plus en fonction de ses goûts ou de ses besoins mais de ce qu’il faut manger selon telle ou telle théorie ou tel ou tel régime. Ce qui peut sembler étonnant quand on constate l’inefficacité de ces régimes et donc de ces principes et règles. Ces théories sont essentiellement construites sur la base d’interdictions et d’obligations. En
plus d’être inefficace, ce phénomène entraîne
des effets pervers :
w
Manger n’est plus quelque chose de naturel : appétit, satiété,
régulation naturelle des besoins physiologiques, besoins caloriques…
son niés. Des compétences naturelles se perdent et la confiance
qu’on peut leur porter également.
w
L’idée de contrôle alimentaire se met en place. Et chaque
étude psychologique est là pour nous montrer que plus il
y a de contrôle, pus il y aura… perte de contrôle.
w
Interdit et obligation constituent deux notions parmi les plus insupportables
pour tout être humain. Tôt ou tard, il y aura violation de
l’interdit.
w
Le régime introduit un contrôle conscient sur ce qui en grande
majorité inconscient. Or l’inconscient n’a pas du tout le même
fonctionnement. L’inconscient n’intègre pas par exemple les négations
du type « ne pas », qui sont des abstractions de langage. Ainsi
si une personne se tient un discours d’interdiction du type : « Je
ne vais pas manger de chocolat », inconsciemment, le message
qui passe est « Je vais manger du chocolat ». Tout interdit
de ce type renforce et l’envie, et la dépendance à l’insu
de la personne.
w
Comme toute manifestation anxieuse, on aboutit à un paradoxe : «
si je tolère qu’un événement E se produise, il ne
se produit pas ». Ainsi, « si je tolère de prendre du
poids, je ne prends pas de poids » et à l’inverse «
si je ne tolère pas de grossir, je grossis ».
Le
régime provoque donc une montée de l’envie, un excès
de contrôle et... une perte de contrôle inévitable.
En vertu des règles imposées, l’écart est de plus
mal vécu car il n’apporte pas satisfaction (perte de sensation,
frustration, culpabilité…) : cercle vicieux qui nécessite
un réconfort le plus souvent… alimentaire.
Causes des débordements alimentaires
Les causes des débordements alimentaires sont de deux ordres :
w
Physiologiques : fringale, hypoglycémie
w
Psychologiques : restriction alimentaire, hyper-contrôle, utilisations
diverses de la nourriture pour faire face à des difficultés
d’ordre psychologique. L'abord psychologique de la perte de poids va donc
se pencher sur ces aspects.
Perdre du poids… après des régimes Les phénomènes cognitifs décrits plus hauts font donc du régime et des préceptes sociaux au sujet de l’alimentation des éléments participants à la prise de poids. Commençant il y a quelques années des thérapies portant sur la perte de poids, je m’attendais plus ou moins à des objectifs extravagants. J’ai été surpris de constater qu’un projet fréquent est de ce type : « Je voudrai simplement faire le poids que je faisais avant mon premier régime » Ceci induit qu’une démarche de perte de poids comporte souvent une forme de déprogrammation : déprogrammation des schémas, croyances acquis par le sujet au cours de sa vie (schémas familiaux, parentaux, sociaux…) et au cours de ces régimes (divers plans caloriques, règles variées et diverses voire opposées).
Régimes, croyances et restriction Plutôt que de causes, on peut parler de trouble multifactoriel. Quelques éléments pouvant participer à la construction d'un problème de surpoids ou d'obésité :
è Alimentation et croyances : les régimes fleurissent un peu partout. Tous pour produire hélas un même résultat : inefficace. Mais chose étonnante, s’ils n’apportent pas satisfaction, ils n’en laissent pas moins des traces : des stéréotypes et règles alimentaires erronées voire néfastes qui demeurent plus ou moins. Informations fausses, contradictoires cohabitent dans un système de croyance nutritionnel chaotique. Car une des spécificités de l’être humain est de croire que si quelque chose n’a pas réussi,… c’est qu’il n’en a pas assez fait. Ce que l’on nomme faire « encore plus de la même chose ». L’être humain ne remet pas en cause les règles et postulats mais sa capacité à s’y conformer. Et pour que le dossier soit bien lourd, à la frustration s’ajoute la culpabilité. Les publicités pour les régimes accentuent ce phénomène, employant des starlettes sous contrat, qui viennent démontrer l’efficacité de la méthode. On ne montre d’ailleurs pas ces égéries 10 ans après, légèrement plus engoncées dans leurs robes de soirée aux Césars et on ne connaît pas au moment de leur splendeur sylphide les stratégies employées (liposuccion, purges, vomissements, hyperactivité physique… ?) pour satisfaire au contrat. Quelques exemples des régimes les plus pratiqués (et néanmoins complètement curieux) : Régime n°1 : privé de glucides, non-limité en aliments riches en lipides ou en protéines. Yoyo, dangereux et non-pédagogique. Régime n°2 : privé de matières grasses, sucres, féculents, légumes secs et des laitages. Promesse de Yoyo et dangerosité à moyen terme. Non-pédagogique. Régime n°3 : dissocié, non-dangereux et malin car il joue sur la lassitude, qui malheureusement entraînera un retour au point de départ. Non-pédagogique et yoyo. Régime n°4 : pauvre en glucide et trop riche en graisse. Non dangereux à court terme. Yoyo inévitable dès retour à une alimentation normale. Pédagogie folklorique. Cet exposé
aurait un fort pouvoir comique s’il ne s’agissait pas de santé physique
et mentale. Les régimes pratiqués sont inefficaces et peuvent
être subdivisés comme :
Dans les trois
cas, en dehors de toute considération d’ordre médical, la
réaction humaine et naturelle correspondante se mettra en place
:
Ayant plus ou moins traversé ces différentes démarches, le sujet est en proie à un système de postulats, de croyances complètement irrationnel. L’être humain ayant besoin de cohérence, il ne va pas remettre en cause le système mais le rationaliser, tant bien que mal, pour justifier ses actes et évoluer en fonction de ce chaos personnel. ARTICLE EN COURS DE REDACTION Copyright © j.boutillier |