Psychosomatique


Plainte et psychosomatique Psychosomatique
La mode des "hypers" Psychobiologie


Plainte et psychosomatique

Prenons les 10 plaintes somatiques les plus courantes (Kroenke et Mangelsdorff, 1959) 
- Douleur thoracique 
- Fatigue 
- Vertiges 
- Migraine 
- Œdème 
- Douleur dorsale 
- Dyspnée 
- Insomnie 
- Douleur abdominale 
- Engourdissement 
1% seulement de ces plaintes somatiques ont une origine organique. Le champ de la psychosomatique est donc très large.

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La mode des "hypers"

En préambule, entendons-nous bien :

- La médecine moderne accomplit une tâche extraordinaire
- Quand on est gravement malade, il faut consulter un médecin et suivre le traitement prescrit. 

Les remarques faites ici ne concernent que le champs de la psychosomatique et tentent un éclarcissement de ce qui fonctionne peu ou mal.

Le but n’est pas de condamner ou de généraliser, mais de mettre en valeur une tendance que présente l’être humain. Les membres du corps médical sont des humains. Il est donc normal de trouver chez eux, de manière plus ou moins marquée, les caractéristiques et « travers » de l’homme moderne.

Découvertes, technologie, outils : la science a pris possession de l’homme. 
Elle occupe, pour simplifier, la place qu’occupait l’église, les diverses croyances, avant elle. 
Son objectif est le progrès, au sens strictement scientifique, c’est-à-dire : recherche d’une compréhension et d’une domination du monde matériel plus approfondie.

Cette tendance est normale et naturelle : 
- L’homme moderne est logique, rationnel, objectif.
- Le scientifique ne peut être qu’une expression paroxystique voire caricaturale de ce phénomène.

Le médecin, appartenant aux deux groupes précédents (homme et scientifique), évolue dans un domaine de définition cloisonné voire limité.
Si le médecin repousse ces limites ou les ouvre, c’est une démarche personnelle différente, voire suspecte aux yeux de ses confrères et même de ses patients (qui sont des humains également).

En matière psychosomatique, la démarche traditionnelle considérant le sujet comme une matière organique a vite montré ses limites. Ces insuffisances ont généré une autre médecine, celle-ci hyper psychologique.

Pour schématiser, la médecine offre à ce jour deux options : 
- Hyper organique : la matière sans l’esprit
- Hyper psychologique : l’esprit sans la matière

Il paraît évident que la solution est dans la réconciliation des deux, l’équilibre d’un individu (homéostasie) étant évidemment dépendant de sa dimension psychosomatique. 

Et ce qui devait arriver arriva. Nous avons à présent le droit également à des hyper psychosomatiques, idéopathes dangereux prônant la résolution des conflits pour guérir du cancer, sans concessions.

Comme dans toute chose, la vérité est dans le champ défini par ces extrêmes. Pour celà, il convient donc de ne pas affirmer ce qui n'est pas vérifiable, mais aussi de ne pas limiter la thérapie afin que l'inattendu puisse se produire. Ce que l'on peut nommer ouverture d'esprit. Un thérapeute qui limite une thérapie se limite lui-même et fera une thérapie limitée. On a tout à fait le droit de ne pas savoir et d'attendre pour voir. celà, outre l'humilité du thérapeute a l'intérêt de permettre au consultant de mobiliser toutes ses ressources.

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La psychosomatique

Le premier somaticien (ou du moins en théorie) est Hippocrate dans l'antiquité grecque ( Vème siècle av J.C.) Il définit une médecine du corps et de l'âmequi a pour objet l'homme malade dans sa globalité, ceci comprenant sa psychologie et les événements de vie qui ont pu influencer son évolution. L'intervention thérapeutique doit rétablir un équilibre global, une harmonie.

Même si les anciens semblaient nettement plus conscients de ces rapports, le XXéme siècle constitue une avancée dans l'étude et la mise en valeur des rapports psyché-soma. 

Psychanalyse : à partir de Freud, les psychanalystes, se penchent sur les rapports esprit-corps. Ce sont eux qui créent et utilisent le terme "psychosomatique". Alexander (dès 1950), psychanalyste américain, développe les premières théories psychosomatiques, très basiques mais ayant le mérite d'exister ("le type de conflit détermine la pathologie"). D'autres s'essaient (Dunbar 1953), établissant des théories, mais sans grande valeur.  Ce mouvement ne remporte guère de suffrages ou de succès thérapeutiques. 

Canon et Selye (de 1936 à 1976) : même si les connaissances scientifiques de l'époque étaient limitées, ils provoquent un pas en avant en créant et définissant le terme "stress" , syndrôme général d'adaptation. Pour eux, le stress (en gros les contraintes de l'environnement) entraine des modifications biologiques (le sujet doit s'adapter). Ce déséquilibre provoque troubles et pathologies. Selye étant biologiste, la caution scientifique est plus forte que pour la psychanlyse. Bien que se fourvoyant sur le chemin de l'information, ces travaux construisent les bases de la psychosomatique moderne d'où natron^t psychobiologie et neuro-psycho-immunologie. 

Médecine psychosomatique : elle se définit comme partant du psychisme pour aller vers le somatique. Aux travaux de Selye, s'ajoutent : 
- Événements de vie : échelle d'événements de vie éprouvants composée par Holmes et Rahe (1978) suite à des compilations 
statistiques. 
- Facteurs de vulnérabilité ou de résistance au stress : profil comportemental de type A ou coronarogène par Friedman et 
Rosenman (1959). 
- Stratégies d'adaptation : théorie du "coping" ou des stratégies cognitivo-comportementales d'ajustement par Lazarus (1980) 

Le sujet a donc avancé dans son appréhension scientifique, même si on peut penser que la définition d'hyppocrate soit la plus proche de ce que devrait être la démarche psychosomatique. Des études scientifiques fleurissent, mettant en rapport un lien corps-esprit mais impliquant ainsi également que les deux existent séparément, pour communiquer quand ça va mal d'une manière ponctuelle et aléatoire. Hyppocrate parlait lui de globalité, non d'une partie de ping pong occasionnelle. La psychosomatique a connu un grand boum, mais ce développement scientifique n'a hélas pas eu une grosse influence sur le quotidien des prises en charge médicales. La psychosomatique existe donc, mais où, avec qui et quand et comment? 

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Psychobiologie 

   
Le terme de psychobiologie correspond ici aux progrès et découvertes mis en place par l'émergence de l'hypnose ericksonienne, non aux errements divers que des gourous en tous genres peuvent mettre en place actuellement.    
Au début des années 50, Milton Erickson a réintroduit l'hypnose dans le domaine thérapeutique, une hypnose ouverte, non-directive. Dans son sillage, l'école de Palo Alto et quelqu'uns de ses élèves, dont Rossi, ont continué son travail et générant un renouveau important dans le champ de la psychosomatique. Rossi effectue un travail considérable dans ce domaine, aidé des progrès et études de la neurobiologie (étude des neuro-transmetteurs qui font la liaison corps-esprit). Depuis peu, la psycho-neuro-immunologie apporte les bases scientifiques de cette approche, jusque-là essentiellement empirique.   

"L'esprit et le corps représentent deux aspects d'un seul et même système d'information : la vie" (Rossi) 
Sans entrer dans des détails et termes trop scientifiques, l'élément primordial de ces avancées est l'information (et son traitement). la psychologie, la biologie, la physique, la génétique ou toute approche humaine ont un dénominateur commun : l'information.    
"Toutes les formes d'organisation sur le plan psychologique, physique et biologique, sont en fait des expressions de l'information et de ses transformations" (Stonier)   

La transduction : ce terme désigne le processus de transformation de l'oganisation de l'information, ou sa conversion d'une forme à une autre. La transduction est par exemple le procédé qui transforme la suggestion hypnotique, la concrétise en un changement. Transformer la parole en acte générateur.   

Concrêtement, nous vivons des événements que nous encodons, nous stockons en les convertissant. Pour celà, nous utilisons les mollécules messagères issues de toutes nos cellules. Le corps est considéré comme un vaste réseau d'information ou tous les systèmes communiquent, imbriqués les uns dans les autres, en inter-relation (génétique, immunologique, hormonal...). Cet encodage est stocké dans le système hypothalamo-limbique du cerveau. Ce système est au centre de la communication de l'information, schématiquement entre le stress et les réponses immunitaires. Selon l'état psychologique, émotionnel du sujet, il peut alors y avoir :   
- adaptation au stress : l'information est traduite, transmise, le sujet s'adapte de manière appropriée.   
- non-adaptation : l'information est arrêtée, ce qui génère le symptôme psychosomatique.   
Une répétition de stress va entraîner une altération durable des encodages. Le symptôme psychosomatique est alors stocké de manière erratique comme LE phénomène d'adaptation. Ainsi, même si le stress a disparu, la "fausse" réponse d'adaptation, symptôme psychosomatique, reste et s'installe comme LA réponse.   

L'hypnose thérapeutique se penche sur ces phénomènes de traitement de l'information, tous ces processus psychobiologiques naturels de transduction de l'information, de la mémoire, des apprentissages et des comportements en étroite relation avec l'état émotionnel du moment. Et l'état hypnotique est un moment privilégié de contact avec ces processus, moment où affleurent et sont accessibles ces mécanismes complexes qui convertissent l'information psychologique à un niveau somatique.   

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