Thérapie orientée solutions

« Le client construit sa propre solution en se basant sur ses propres ressources et ses propres succes »
De Shazer 


Orientation solution

Inspirée des travaux sur la communication de Bateson ou Weakland, de l’approche psychothérapeutique de Milotn Erickson, l’approche orientée solution est une approche inductive qui s’oriente vers ce qui est utile est générateur de solutions. En d’autres termes, alors que traditionnellement, une démarche de changement se penche sur les problèmes à résoudre, cette approche se centrer sur les solutions à mettre en place : plutôt que « Pourquoi est-ce que ça va mal ? », le questionnement va être : comment faire pour aller mieux ? »
 


Principes et étapes

Saleebey expose avec pertinence le pouvoir donné au client dans ce qu’il nomme la Perspective des points forts :

1. En dépit des difficultés de la vie, toute personne possède des points forts qui peuvent être mobilisés pour améliorer sa vie. Les praticiens doivnt respecter ces points forts et les directions dans lesquelles les clients souhaitent les appliquer.

2. La motivation du client s’accroît si l’accent est mis en permanence sur les points forts qu’il a révélés.

3. La découverte de ces points forts requiert un processus d’exploration conjointe entre clients et professionnels ; même un praticien expert ne sait pas, en fin de compte, ce que les clients ont besoin d’améliorer dans leurs vies.

4. Se centrer sur les points forts détourne les praticiens de la tentation de juger ou de blâmer les clients à propos de leurs difficultés, et les pousse à découvrir comment les clients ont réussi à survivre, même dans les moments les plus difficiles.

5. Tous les environnements, même les plus sombres, contiennent des ressources.
 


Eléments de T.O.S. 

D’inspiration ericksonienne, la thérapie orientée solutions (« T.O.S. ») va répondre à une démarche précise et une orientation intéressante. Il s’agit d’une philosophie particulière et novatrice de l’accompagnement, pétrie de bonnes idées donc chaque coach ou thérapeute pourra extraire l’essence utile. La colonne vertébrale d’une T.O.S. est présentée ici : 

1. Contact : « En quoi puis-je vous être utile ? » 
Comme dans toute démarche de changement, la première étape consiste tout d’abord en l’exposition d’une problématique. La première question, traditionnelle en T.O.S. a toujours sensiblement la même forme : « En quoi puis-je vous être utile ? ». La réponse du sujet va correspondre à un exposé du(des) problème(s). En T.O.S., on écoute avec respect cette plainte, on approfondit si nécessaire pour plus de précision : « En quoi est-ce un problème pour vous ? » Mais déjà, l’idée de transformer la problématique en objectif centré solution est présente. 

2. Elaboration d’objectif : « Qu’est-ce qui sera différent dans votre vie (votre pratique, vos résultats…) quand le problème sera résolu ? »
La détermination d’objectif a déjà été traitée dans les pages de ce site consacrées à l’hypnose ericksonienne. La T.O.S. apportera néanmoins certaines innovations ou techniques : l’accent est porté sur ce qui sera différent quand le problème sera résolu. La technique de la question miracle est abondamment utilisée.

Question miracle
Voici textuellement la question miracle de De Shazer : « Maintenant je voudrai vous poser une question bizarre. Imaginez que pendant que vous dormez la nuit prochaine et que toute la maison est calme, un miracle se produit. Le miracle consiste en ce que le problème qui vous a amené ici est résolu. Cependant, comme vous êtes endomi, vous ne savez pas que le miracle est arrivé. Alors, quand vous vous réveillez demain matin, qu’est-ce qui sera différent qui vous dira qu’un miracle a eu lieu et que le problème qui vous a amené ici est résolu ? » 

Intérêt de la question miracle : 
- On entre en matière, dans la résolution du problème. Le sujet donne les ingrédients, décrit le processus du changement.
- La question ouvre le champ des possibilités. Et l’imagination est le germe du futur.

Autour de la question miracle : 
La projection dans le miracle accompli va permettre d’amplifier certains aspects de la détermination d’objectif :

- « En quoi est-ce important pour vous ? » 
Peu importe que l’objectif soit important pour le thérapeute, il doit l’être par contre pour le client. Cette importance animera la volonté de changer, d’évoluer et de mettre en place de nouvelles solutions.

- « En quoi les choses seront-elles différentes autour de vous ? » 
Un individu se définit entre autres par ses relations. L’aspect systémique est également fondateur du changement ou de l’évolution. Les potentialités, désirs, forces… de l’individu dépendent des pensées à son sujet qu’il peut prêter aux gens qui comptent pour lui. 

- « Dans quelle situation spécifique ce serait différent ? »
Le client peut avoir du mal à envisager un changement complet, mais plutôt une amélioration dans certaines situations plus précises. 

- « Qu’est-ce qui se passera de positif ? »
Le thérapeute doit amener le client a faire une description positive et si possible, au présent : il s’agit non pas de décrire l’absence d’un problème mais d’observer et d’expérimenter même la présence de solutions.

- « Quel sera le premier signe que quelque chose à changé ? »
Le client recherche souvent un résultat final, voire absolu. Il a besoin de prendre conscience des différentes étapes de son évolution. Le questionnement sur la première étape permet de créer une attente concrète, réaliste et d’installer le sujet dans le processus de changement.

- « En quoi cela changera pour vous ? »
Cette question permet de centrer le sujet sur lui-même, de l’installer dans la dynamique du changement. 

- « Concrètement, qu’est-ce qui changera ? »
Les termes du changement décrit doivent correspondre à un objectif correctement défini : concret, réaliste et mesurable.

- « En quoi est-ce un défi pour vous ? »
L’idée de tâche à accomplir, de défi est importante à générer. Ces aspects développent la motivation et l’investissement personnel du sujet. On peut même monter lors de l’entretien au sommet des niveaux logiques (appartenance, mission, ….), aligner toute la personne sur l’objectif (les niveaux logiques sont présentés dans les pages traitant de la PNL)

3. Explorer les exceptions : les moments où ça se passe bien.

Lorsqu’un sujet fait une démarche de thérapie ou de coaching, il est « orienté problème ». Il peut d’ailleurs évoquer longuement ses difficultés, dans les moindres détails : en T.O.S., plus on parle d’un problème, plus le problème grossit. Mais à l’inverse plus on parle de solutions, plus les solutions prennent leur place dans la réalité du sujet. On peut bien entendu à titre d’information recevoir les manifestations négatives de la problématique, mais l’outil essentiel sera constitué par les moments où le problème ne se produit pas : les exceptions. D’après De Shazer, les exceptions sont « ces expériences passées de la vie du client où le problème n’est pas apparu alors qu’on aurait pu s’attendre raisonnablement à ce qu’il surgisse ». il est noter que l’exploration des exceptions peut se faire de manière associée (perceptions du sujet), mais aussi dissociée (perceptions que pourrait avoir un observateur extérieur).

Prendre conscience des exceptions
Pour mettre en valeur et développer les exceptions, il est d’abord nécessaire que le client prenne conscience de ces moments d’exceptions. Le questionnement vise à générer cette prise de conscience.
- En associé : « Est-ce qu’il y a eu des moments où le problème ne s’est pas produit ou était d’une moindre intensité ? »
- En dissocié : « Si je demandais à votre femme s’il y a eu de meilleurs jours, que répondrait-elle ? »

Exceptions délibérées ou aléatoires
Les termes de « délibérées » et « aléatoires » sont issus de la théorisation de De Shazer. 
- Exception délibérée : le sujet peut donner la genèse de l’exception. On pourra enchaîner sur une modélisation  ou une prescription de tâche (« Faire plus de la même chose »).
- Exception aléatoire : le sujet ne peut donner la genèse de l’exception. Il pourra alors lui être demandé d’observer les prochaines exceptions et de noter ce qui se passe.

Demander des précisions
Il s’agit de relever les critères de différence des moments d’exception : « Qu’est-ce qui diffère quand ça ne se produit pas ? » les différences peuvent se faire à différents niveaux : lieu, objets, personnes, temporalité,…

A tout moment de cette démarche, il est important de s’inscrire dans la carte du sujet dont les éléments sont éxposés dans ls pages de ce site traitant de PNL et d’hypnose ericksonienne : canal dominant, métaprogramme, valeurs, croyances… Plus la synchronisation entre thérapeute et client sera développée, plus la relation sera pertinente et les solutions individualisées et efficaces.

4. Feed back et tâches
De Shazer prône une structure tri-partite : compliment, pont et tâches.

- Compliments : le compliment renforce et motive le client. Il valide ce qu’il perçoit et ce qui est important pour lui. Là aussi, avec le compliment, il y a orientation solution. Ils dynamisent et installent l’individu dans son processus de changement : à travers ses points forts et les exceptions, il possède les moyens de son évolution.  En cela, on retrouve le précepte ericksonien ou PNListe qui établit que chaque homme a en lui les ressources de son évolution. 

- Pont : le pont se trouve entre compliment (constat) et tâches (passage à l’action). Le pont effectuera donc une transition entre forces, potentialités et action à travers une évocation de l’objectif.

- Tâches : en T.O.S., des tâches sont prescrites. Ce sont exclusivement des tâches d’observation et des tâches de comportement. Il s’agira donc de recueillir des informations concernant les moments d’exceptions ou de développer les facteurs créant ces exceptions.






A votre disposition pour tout échange ou renseignement. 
Jérôme Boutillier
 
 

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